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Suspended spaces at La Colonie #2

Le second rendez-vous, public, a eu lieu le samedi 21 janvier 2017. 

Le second rendez-vous a La Colonie, a continué à orienter notre réflexion autour d’un titre volontairement provocateur : une exposition coloniale. Nous avons encore une fois proposé de lier le mot colonie et l’espace de La Colonie dans un protocole collectif concret : chaque membre du groupe a apporté et exposé un objet, un texte, un geste… « quelque chose », en réaction à ce titre. C’est à partir de l’ensemble de ce matériau visuel et sonore réuni qu’ont commencé nos échanges.

Il s’agit de faire se confronter nos travaux respectifs à un croisement suffisamment dangereux et électrique pour les préciser, les interroger, les faire résonner les uns les autres. Le mot « colonie » est névralgique car il dessine une zone peu confortable pour des artistes comme pour des chercheurs. Ce risque et cet inconfort affrontés collectivement et très pragmatiquement, en rapprochant un mot et un lieu, peuvent susciter de l’énergie, des idées, des formes complexes. Un mot et un lieu, La Colonie, qui engagent à une (ex)position politique.



Etaient réunis :

Nadine Atallah, Catarina Boieiro, Tiphaine Calmettes, Collectif Arts Visuels Debout, Marcel Dinahet, Maïder Fortuné, Bertrand Lamarche, Daniel Lê, Françoise Parfait, Ambre Pittoni, Rachel Scheffer, Melis Tezkan, Eric Valette. 

Nadine Atallah

Enregistrement contemporain dans les rues du Caire, trouvé sur Internet en cherchant « bikya ». 

« Bikya, robabikya ». Ces mots, familiers aux oreilles des Égyptiens, n’ont aucun sens en arabe mais se sont imposés dans la langue dialectale : scandés par les brocanteurs ambulants dans le tumulte des rues du Caire et d’Alexandrie, tout le monde sait qu’ils annoncent leur passage. Cependant, l’origine italienne de ces mots, dérivés de l’expression « roba vecchia » qui signifie bazar, vieilles affaires, est largement ignorée, et témoigne de la présence d’une communauté italienne en Égypte qui remonte au XIXe siècle et s’est renforcée dans l’entre-deux guerres dans le cadre de politiques d’expansion fascistes.

Catarina Boieiro et Rachel Scheffer

Kok Nam, Sem Título (A Luta Continua!) [Sans titre (La lutte continue !], 1986. 

To know more about ithttp://www.suspendedspaces.net/entree/Document_Rachel%26Catarina.htmlR.Scheffer_et_C_Boieiro.htmlshapeimage_4_link_0

Tiphaine Calmettes


Pour la séance du samedi 21 janvier j'ai apporté avec moi deux livres sur les plantes sauvages.

• Guide Delachaux, Les plantes sauvages comestibles et toxiques

• George Oxley, La fleur au fusil

Il m'intéresse d'aborder le sujet par le biais des plantes rudérales et plus particulièrement les espèces comestibles et médicinales.

Les plantes rudérales ont pour particularités de pousser dans des milieux perturbés ou instables. Elles sont qualifiés comme pionnières car ce sont les premières à coloniser des lieux ayant subi un bouleversement ou une modification de l’écosystème local. Du latin Rudus, Ruderis qui signifie "décombres, décharges, déchets", ces végétaux se sont adaptés aux contraintes d'un milieu instable, notamment en milieu urbain.

Elles relancent la vie au sein d'un cycle naturel de destruction/ régénération, participant ainsi au rétablissement de la flore suite à diverses sortes de catastrophes.

Beaucoup de plantes rudérales ont des origines désertiques, semi-désertiques ou proviennent de milieux régulièrement inondés. Ces caractéristiques leur permettent de résister dans des environnements peu favorables, elles sont considérées comme envahissantes. Ces plantes s’immiscent dans les interstices du bitume, les pourtours d’arbres, les parcs, les jardinières abandonnées, prenant place là où elle n'ont pas été invitées.
Les environnementalistes n'ont que tardivement tenu compte de ces oasis biologiques que constituent les « sites urbains en friche » de l'Europe post-industrielle ; des « îles vertes » dont la diversité d'espèces excède d'ordinaire non seulement celle du restant de la ville, mais aussi celle des campagnes génétiquement modifiées parsemées de fermes industrielles. (Mike Davis, Dead Cities)

Par ailleurs certaines de ces plantes sont comestibles et/ou ont des propriétés médicinales. Consommées au néolithique par les nomades chasseurs-cueilleurs, elles ont petit à petit été abandonnées au profit des légumes cultivés. Elles ont ainsi été reléguées au plan de « mauvaises-herbes » jugées indignes des hommes se considérant comme civilisés. Cependant ces plantes sont dotées de valeurs nutritionnelles exceptionnelles. Elles ont refait régulièrement surface en cas de famine durant la guerre, notamment à Berlin entre 1945 et 1949, à Sarajevo de 1992 à 1995 et ont également été exploité par le cuisinier de l'armée.... Leurs propriétés nutritionnelles particulièrement condensées ont permis d’apporter dans ces cas de crises, les ressources nécessaires à la survie.

Dans la même lignée que Action légumes sauvages pendant la guerre à Berlin, des groupes se recréent aujourd'hui afin de transmettre ce savoir, apprendre à distinguer les plantes comestibles des toxiques et les intégrer dans notre alimentation quotidienne.

Des recherches se développent notamment aujourd'hui à partir de leurs capacités qui permettent d'une part, de mesurer l'impact humain et participent d'autre part, à l'autorégulation des sols.

Collectif Arts Visuels Debout


Le point de départ de cette présentation est la conviction que nous ne sommes pas extérieurs à la colonisation mais au contraire pris dans une colonisation globale contemporaine. Cette idée est résumée dans un petit schéma autour duquel s’articule notre présentation à La Colonie.

À côté, figure un texte sur la colonisation en Algérie, il analyse notamment le statut d’indigène attribués par les colons aux colonisés.

En-dessous, un montage de texte et de document montrent la participation de l’art contemporain à la colonisation actuelle via son économie contrôlée presque exclusivement par les États-Unis et l’Angleterre, via aussi les doctrines néo-libérales et la transformation de l’art contemporain en industrie culturelle, via la culture américaine et ses marques, via la théorie post-moderne et le trans-humanisme.

En-dessous encore, on trouve des références à cette colonisation culturelle américaine : avec l’histoire de la coca-colonisation et la reproduction d’une oeuvre d’art russe représentant une boîte de cornichons faite en réaction à la boîte de soupe Campbell d’Andy Warhol. Cette dernière oeuvre pose le problème de la nation et de sa culture spécifique qui peut être marchandisée ou transformée en propagande dans le cas où l’artiste en devient un simple instrument. Une transcription de la vidéo « Pourquoi un(e) artiste ne peut représenter un État nation?» de Sanja IVEKOVIĆ est présentée en relation à ces problématiques.

Marcel Dinahet

Le croiseur coulé, vidéo, 6’, 2016 et carnets de dessins


Prolongement de la vidéo «Croiseur couché». 

Sur les carnets de dessins il y a une première série de croiseurs ( le bateau armé a été le principal outil qui a servi pour les colonisations successives).

Sur ces carnets, j’ai aussi des dessins de portes avions que possèdent les pays dominants. A suivre : une série des sous-marins qui sont souvent associés aux portes avions dans leurs missions guerrières. Ces dessins préparatoires ont été présentés à La Colonie le 17 décembre et le 21 janvier  sous la forme de carnets de photocopies. 

Bertrand Lamarche

Daniel Lê


Carte postale musicale éditée par le pavillon Israélien à l’occasion de l’Exposition Universelle de Bruxelles en 1958. 


La carte postale met en scène un membre de la police militaire israélienne à moto et un bédouin sur son chameau qui appartenait vraisemblablement à une unité militaire de l’armée israélienne.  Disque audio en carton, 16 cm de diamètre. 

Françoise Parfait

Timbre trouvé dans une pochette pour philatélistes achetée au marché au puces de Lisbonne.


Timbre du Mozambique, colonie de la République portugaise, en hommage au centenaire de la naissance de Pedro Alvares Cabral (1468-1968), le «découvreur» du Brésil. L’ image représente la «première messe du Brésil».

Au verso : carte imaginaire dessinée par le temps.

Eric Valette

Diagramme réalisé sur place.

A partir des colonies sociétaires de Charles Fourier, la dimension expérimentale et utopique de la colonie est mise en relation avec la violence de la colonisation impérialiste, pour proposer une «occupation» de La Colonie : un enfermement collectif volontaire de 48h pour vivre et produire en situation de huis-clos. Un micro phalanstère pour coloniser La Colonie.